GD : Perdue au milieu du désert, Las Vegas est un mirage, une oasis extravagante de répliques en tout genre et de fontaines enchantées. Mais la capitale des faux décors, des machinations et du vice est aujourd’hui assoiffée. [« Viva Las Vegas, Baby. »] Car à force de vouloir parader en gondole sous 40 degrés à l’ombre, les réserves d’eau de cette Venise en carton pâte sont aujourd’hui à sec.
Bill Rohret (responsable du golf de Las Vegas) : Pendant 20 ans, on s’est dit, c’est Las Vegas ; on peut tout créer, même un jardin d’Eden au milieu du désert. Mais aujourd’hui, c’est différent.
GD : Alors la ville a lancé un vaste programme d’assèchement. Le vert des golfs est arraché de force, remplacé par du jaune sable. L’arrosage des jardins est interdit de jour, l’eau des fontaines musicales obligatoirement reciclée, et 24 heures sur 24 une police de l’eau patrouille la ville...
Kevin Perry (policier de l’eau) : T’as des infos sur des gars qui gaspillent l’eau.
GD : ... à la recherche des resquilleurs.
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Kevin Perry (policier de l’eau): Tous les jours, les gens dénoncent leurs voisins. Ils me donnent même leurs adresses.
GD : Les resquilleurs écopent d’un petit drapeau jaune et d’une grosse amende. Mais ces contraventions ne suffisent plus à désaltérer la ville.
Le niveau du lac voisin est au plus bas et dans trente ans il sera lui-aussi un désert. Alors les promoteurs de Las Vegas veulent puiser l’eau ailleurs, dans ces plaines fertiles du nord de l’état. Mais leurs vastes projets d’oléoduc est toujours au point mort, car les fermiers locaux refusent de partager leurs eaux pour abreuver la grande pécheresse.
Dean Baker, fermier : Mes valeurs sont différentes des leurs. Mon eau n’est pas pour leurs machines à sous. Ce n’est pas une question d’argent car leur projet ne marchera pas.
GD : Casinos contre cowbows, dans ce farwest aride, la guerre de l’eau a commencé.
Transcription de Véronique Mattei
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