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Soixante ans après la Déclaration, Stéphane Hessel évoque l'articulation entre un texte aux valeurs toujours intactes et les nouvelles questions posées à la communauté internationale. Le terrorisme et la protection de l'environnement, en particulier, sont deux problématiques qui n'étaient pas abordées dans le texte de 1948.
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William Bourdon, avocat et fondateur de l'association Sherpa, expose deux nouveaux axes de réflexion pour répondre aux défis du XXIe siècle : la notion de "crime d'inhumanité" et celle de "biens publics mondiaux" tels que le patrimoine écologique mondial. Avec : William Bourdon |
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A l'occasion du 60e anniversaire de la signature de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.
Congo, Darfour, Zimbabwe, Géorgie : le bilan contrasté de l'UE sur les droits de l'homme LE MONDE | 10.12.08 | 13h56 • Mis à jour le 11.12.08 | 07h59
A l'occasion de l'anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, signée le 10 décembre 1948 à Paris, quel bilan tirer de la présidence française du Conseil européen en matière de défense des droits fondamentaux à travers le monde ? Le jugement est mitigé. Face au déferlement de violences au Congo, où se perpétuent des crimes de masse contre les civils, notamment des viols, l'Union européenne (UE) reste, pour ainsi dire, l'arme au pied. Elle semble éviter d'engager des troupes alors qu'elle l'avait fait en 2003 (force Artémis). Sur d'autres dossiers, comme la guerre survenue en Géorgie cet été, l'Europe a en revanche été diligente, avec l'envoi rapide d'une mission d'observateurs chargée de surveiller le cessez-le-feu. Face à la crise au Zimbabwe, les Européens viennent de hausser le ton. Ils ont officiellement demandé, lundi 8 décembre, au président Robert Mugabe de quitter le pouvoir, et renforcé parallèlement leurs sanctions contre son régime (rallongement de la liste des personnes interdites de visas). Mais en l'occurrence, si les principes sont saufs, c'est l'impact réel de l'Europe qui peut poser question. Sur le continent Noir, le véritable levier de pression est entre les mains des dirigeants africains eux-mêmes, en premier lieu de l'Afrique du Sud, mais il fait défaut. Alors que la crédibilité des Etats-Unis sur les droits de l'homme est fortement écornée après les dérives des années Bush, c'est vers l'UE que les regards se tournent pour défendre les valeurs universelles. Les signaux qu'elle a envoyés ces derniers mois restent pourtant contradictoires, et marqués par des lacunes. L'UE a échoué à dénoncer la politique de l'administration Bush de disparitions forcées, détentions secrètes et tortures, menée dans le cadre de la lutte antiterroriste. Même si des enquêtes se poursuivent dans certains pays européens sur les vols secrets de la CIA, l'UE en tant que telle n'a pas procédé à un examen des pratiques des Etats membres en la matière. De nombreuses zones d'ombre subsistent. Sur le drame humain sans doute le plus grave actuellement, la guerre au Nord-Kivu, au Congo, pays où 4 millions de personnes ont trouvé la mort depuis 1996 dans une succession de conflits, les Européens semblent tergiverser. Ils n'ont pas accédé à la demande du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de dépêcher dans cette région une force de transition qui viendrait pallier aux difficultés d'accroître rapidement les troupes des Nations unies. A Paris, le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'était bien prononcé en faveur d'une ingérence humanitaire au Congo, mais cet élan s'est heurté en octobre à un veto de l'Elysée. "La France, qui parle volontiers de la "responsabilité de protéger", se réfugie avec les Britanniques et les Allemands derrière des excuses" pour qu'il n'y ait pas d'intervention, accuse Lotte Leicht, représentante à Bruxelles de l'organisation Human Rights Watch (HRW). Dans une lettre adressée mardi à Nicolas Sarkozy, HRW demande que le conseil européen des 11 et 12 décembre à Bruxelles se saisisse de la question de déployer une force au Congo, rappelant que l'opération Artémis "avait sauvé des milliers de vies".
POLITIQUE BROUILLÉE SUR LE DARFOUR
D'autres griefs sont formulés contre la présidence française de l'UE. Notamment le fait que Paris ait accepté que l'Europe lève en octobre ses sanctions contre huit officiels en Ouzbékistan, accusés d'avoir joué un rôle dans le massacre d'Andijan en mai 2005, et cela alors que ce régime répressif d'Asie centrale n'avait pas satisfait les demandes posées par l'UE, notamment dans le traitement des défenseurs locaux des droits de l'homme. Les militants de la lutte contre l'impunité reprochent aussi à la France d'avoir brouillé ces derniers mois la politique européenne sur la question du Darfour et de la justice internationale. Alors que l'UE exigeait - en avril encore - que le régime de Khartoum livre à la Cour pénale internationale (CPI) deux de ses nationaux, dont le ministre aux affaires humanitaires, Ahmed Haroun, l'Elysée a donné l'impression de relâcher la pression. Ses émissaires ont fait miroiter au président soudanais, Omar Al-Bachir - menacé d'un mandat d'arrêt de la CPI pour génocide -, la possibilité d'un répit judiciaire s'il changeait de politique au Darfour. Face à la Russie et la Chine, l'UE a toujours du mal à parler d'une seule voix. Les grands pays se ménagent chacun une approche nationale, souvent motivée par des considérations économiques. A l'ONU, les Européens n'ont pas réussi à endiguer le soutien apporté par Moscou et Pékin à des régimes comme le Soudan, le Zimbabwe, la Birmanie. Une bonne note, cependant : le rôle de la France et de l'UE dans le processus de ratification de la Convention de l'ONU sur les disparitions forcées, adoptée en 2006, est salué par les ONG.
Natalie Nougayrède Article paru dans l'édition du 11.12.08
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