Reportage #1
Emission
L’auto-restriction de la population.
Journaliste : Alors on l’a vu, le patrimoine, c’est d’abord l’histoire physique, l’histoire en dur, j’ai envie de dire, les monuments, les sites naturels. Ecran vert va ouvrir une nouvelle fenêtre sur le monde avec Madagascar. Jean-Luc Eyguesier, Gerald Breistroff, Olivier Dali, nos reporters, ont pu se rendre dans le sud de l’île, à Fianarantsoa plus exactement. C’est là que la population a porté le projet de réhabilitation du centre historique de la ville avec aujourd’dui des résultats qui semblent faire l'unanimité. On regarde.
Reportage :
Voix off : De loin, elle ne semble guère avoir changé. La vieille ville de Fianarantsoa, perchée sur son piton granitique a gardé son aspect des années 30. On y trouve des temples, des églises, et surtout quelques 500 demeures, le tout construit à partir de 1870. Et puis, au milieu du 20ème siècle, la ville basse s’est développée. Isolée, nichée au pied d’un palais royal aujourd’hui disparu, la ville haute Tanambao y a gagné une tranquilité de village, mais ses habitants se sont appauvris. Impossible pour eux d’entretenir leur habitat ou leur environnement. Chaque année à la saison des cyclones, 2, 3, jusqu'à 5 maisons s’écroulent encore. Une perle du patrimoine architecturale malgache est simplement menacée de disparition.
Jimson Heritsialonina (président fondateur de la Fondation Heritsialonina) : J’ai fait mes études depuis mon adolescence à Fianarantsao et je me sens vraiment comme originaire de Fianarantsao. J’ai vu un grand, grand, grand changement par rapport à ce que cela était d’abord quand j’étais jeune, c’est-à-dire en assez bon état, et après l’état de délabrement, et après encore une relative... comment pourrais-je le dire en français... résurrection.
Voix off : Cette résurrection, le pimpant lycée Randzavola-Ivohidahy et ses jeunes élèves pourraient en être un symbole. La fondation de Jimson Heritsialonina vient d'en achever la rénovation. Un projet prestigieux, c’est l’un des plus anciens lycées de Madagascar, le creuset de toute une élite qui trouve ici une nouvelle vie. Mais le renouveau de la ville passe aussi par des opérations plus modestes. Un exemple se trouve juste à côté.
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Description :
A Madagascar, notre équipe a découvert un projet entièrement porté par des acteurs locaux.
avec
écran vert, à Madagascar,
une émission de TV 5 monde
du 23 mars 2009-05-11
Karen Freudenberger (coordinatrice du Programme de la Sauvegarde de la Vieille Ville) : Ça, c’est deux maisons des familles assez démunies de quartier et on a pu réhabiliter les deux toits pour eux. Ce sont des familles qui ne peuvent pas participer en espèces parce qu’ils n’ont pas des moyens, ils n’ont pas des ressources nécessaires. Donc eux, ils participent en faisant de la main d’œuvre pour les projets différents du quartier. Donc par exemple, c’est eux qui nettoient les égouts sur cet axe, qui ramassent les ordures et qui font d’autres travails d’entretien des jardins qui permet de rembourser leur participation pour la réhabilitation de la maison.
Voif off : Delphine Razanamandroso, la chef de famille, s’est vue aussi offrir un petit travail. Elle coupe des morceaux de bambou nécessaires à la fixation des tuiles lors des rénovations de toits.
Delphine Razanamandroso (bénéficiaire du programme) : Pour moi, c’est un double bénéfice. Je participe à la rénovation de la ville et je gagne un peu d’argent. Je remercie le programme pour l’aide qu’il apporte aux plus démunis.
Voif off : Depuis 2006, la Fondation Heritsialonina a intégré l’action de developpement à la défence du patrimoine. Un spécifique programme de sauvegarde de la vieille ville tente maintenant d’améliorer la vie de ses quelques 5.000 habitants. Cela signifie la rénovation des maisons particulières mais aussi l’installation de toilettes sèches ou
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la création d’emplois. Valoriser le patrimoine, profiter du tourisme, depuis un an maintenant la vieille ville peut retenir les visiteurs. Ils se restaurent chez Mariette Razanakoto, propriétaire du premier restaurant du quartier, le Snack Imanoela, idéalement situé à mi-chemin de la montée principale. Dans le même esprit, plusieurs familles ont ouvert des chambres d’hôtes dans leurs maisons rénovées.
Mariette Razanakoto (propriétaire du « Snack Imanoeta »): Le quartier est..., devient propre, devient..., y'a des jardins, y'a..., et les gens... on commence à voir qu’il y a la possibilité de faire quelque chose, même si on était toujours ici ; et moi j’étais toujours ici. Je suis née dans le quartier.
Voix off : Peu à peu, au rythme lent de subventions toujours insuffisantes, la rénovation progresse. Les toits sont refaits avec les tuiles roses traditionnelles pour chasser l’inesthétique tôle ondulée. Les jolis balcons de bois renaissent grâce aux menuisiers de la ville. Le savoir-faire des artisans locaux est aussi un patrimoine à soutenir. Depuis 2007, 30 bâtiments ont été restaurés et 3 chantiers sont en cours.
Jimson Heritsialonina (président fondateur de la Fondation Heritsialonina) : Je pense que d’ici quelque temps ce serait bien que les gens reviennent et qu’il y ait des commerces qui prospèrent, de l’artisanat partout et que ça devienne un centre touristique de la ville de Fianarantsao, mais tout en respectant quand même son originalité et son âme. Je pense que c’est ça aussi qui nous arrête un peu. On ne peut pas tout faire du coup parce que les gens ont besoin de s’adapter petit à petit pour ne pas laisser justement leur âme quelque part.
Voix off : En quelques années, les animateurs du programme ont réussi à vaincre la méfiance des habitants. Ils sont nombreux maintenant, édifiés par les succès de leurs voisins, à postuler pour la rénovation de leur maison. Mais le cercle vertueux en train de se former est encore fragile car dépendant de ressources trop rares et irrégulières.
Fin du reportage
Transcription de Véronique Mattei
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