Voix off : Cette voiture ne manque pas d’air. Bien au contraire. Ni essence, ni gaz, ni électricité. En fait, c’est de l’air comprimé qui la propulse. Son autonomie : 200 km en cycle urbain. Sa vitesse maxi : 110 km/h. Pour la recharger, il suffit de l’alimenter sur des bornes à air comprimé ou bien de charger en électricité son compresseur. Cette idée simple mais révolutionnaire semblait plutôt méprisée par les grands constructeurs jusqu’à présent. Mais aujourd’hui le vent tourne. L’inventeur, c’est cet homme, Guy Nègre, ancien ingénieur en aéronautique, puis en Formule 1. Il a signé un contrat avec le constructeur indien Tata pour que sa voiture puisse y être fabriquée d’ici un an. Et dans son usine de Carros, près de Nice, il s’apprête à lancer lui-même ce modèle, la OneCat, un véhicule de cinq places, dont trois à l’avant, qui pourrait être vendu à partir de 3500 euros en France. Mais avant ça, il faut réussir les crash tests pour que la voiture puisse être homologuée chez nous. Le système ne semble pas si compliqué. La puissance dégagée par l’air lorsqu’il se détend dans le moteur entraîne les roues.
Cyril Nègre, ingénieur motoriste – Société MDI : En fait, c’est un peu..., c’est un peu un ressort. On comprime de l’air à l’intérieur des réserves et on détend cet air dans un moteur pour entraîner un système de manivelles. Donc, c’est vraiment simple.
Voix off : Et pour augmenter encore l’autonomie, l’inventeur a aussi imaginé un moteur annexe qui fonctionne avec très peu d’essence pour recharger les compresseurs d’air. Ecologique et économique, l’argument choc, un euro aux 100 km et zéro pollution.
Journaliste : Et justement, nous retrouvons en direct de Carros dans les Alpes Maritimes, Guy Nègre, l’inventeur de ce procédé. Bonjour. Alors, est-ce que, si je puis dire, pour vous, la hausse du prix du pétrole est une...est une bonne nouvelle puisque ça...ça justifie en quelque sorte tous vos efforts ?
Guy Nègre : Oui, enfin, si l’on veut. C’est quand même, c’est pas une bonne nouvelle de savoir que le pétrole augmente, mais par contre il y a d’autres problèmes, c’est que le pétrole va également vers la..., la fin de l’ère du pétrole, et donc il faut trouver d’autres solutions. Donc plus que le prix, il y a aussi le fait que dans quelques années, il n’y aura plus de pétrole.
Journaliste : Vous dites qu’on pourra acheter début 2009 vos voitures, mais vous n’avez pas encore obtenu toute la batterie d’homologations (la journaliste bafouille et dit « homolégations »), de sécurité, de résistance ?
Durée : 04'55" Production : France 2, Le Journal de 13 heures Permalink :Dailymotion
Guy Nègre :Non, pas, pas encore. Ça se fait..., ça se fait progressivement et les, les..., l’homologation, enfin la réception de la voiture après les homologations se fait quelques..., trois, six mois, six mois avant le début de la mise en..., de la mise en production. Donc on pense faire cela dans le deuxième semestre de l’année 2008. On a déjà travaillé sur les ordinateurs pour savoir comment se présentent les choses, et de ce côté-là, y’a pas de gros, gros problèmes euh..., techniques. En tout cas au niveau de la pollution, on est tout, tout..., très très bien barrés.
Journaliste : Alors, vous..., vous êtes arrivé à un prix extrêmement compétitif, hein, moins de 3000 euros et au fond, cette dépense va presque être couverte par la prime, l’eco-taxe, hein, qui peut s’élever jusqu’à 5000 euros. Vous nous proposez une voiture gratuite en quelque sorte !
Guy Nègre :Oui, c’est..., je pense que ça ne pourra pas être le cas, mais effectivement, c’est assez..., c’est assez surprenant. En fait, notre voiture fera moins de 60 grammes de CO2 au kilomètre, et effectivement, dans ce cas-là, il y a une prime de 5000 euros. Et notre voiture devrait se vendre aux alentours de 3500 euros. Bon, je pense qu’il y aura des aménagements qui font qu’on ne pourra pas gagner de l’argent en allant prendre une voiture. Ce n’est pas possible.
Journaliste : Non, ça, y’a pas de doute là-dessus. Ça reste tout de même une voiture..., ça reste tout de même une voiture à usage urbain parce qu’il n’y a pas une autonomie, ni une vitesse absolument considérable ?
Guy Nègre :Euh, non, pas..., pas..., pas du tout, parce que en fait toutes nos voitures, toute la gamme des voitures que nous allons faire, ce sont des voitures mono- et bi-énergie ; c’est-à-dire, en ville, on roule avec de l’air comprimé, donc effectivement là l’autonomie est relativement limitée, mais euh..., il y a la possibilité de..., de rouler avec un adjuvant énergétique c’est-à-dire qu’on chauffe l’air avant de rentrer dans le moteur, et à ce moment-là, on obtient des autonomies tout à fait..., tout à fait classiques, comme une voiture normale. Donc en fait... Bon, la OneCat qui est une voiture..., qui est une voiture qui est une sorte de méharie des temps modernes est une voiture qui ne sera pas rapide, mais les voitures que nous allons mettre en place par la suite, CityCat rouleront jusqu’à 150 km/h. En fait ce sera des voitures tout à fait normales, quoi.
Journaliste : Si je décide aujourd’hui en vous écoutant d’acheter une voiture, comment je fais, et quand est-ce que je suis livrée ?
Guy Nègre :Alors, pour l’instant, on ne les vend pas encore puisque nous sommes en train de mettre en place le procès de fabrication de notre..., de notre produit, de nos voitures, et nous avons un système industriel tout nouveau que nous allons euh... implanter dans le monde qui consiste à fabriquer la voiture chez le concessionnaire. Alors la première petite usine, ce sont des petites usines de 4300 m2 qui vont fabriquer une voiture chaque demi-heure. La première usine est à Carros. Nous sommes en train de l’aménager, de l’équiper, de faire en sorte qu’elle soit prête à tourner à la fin de cette année ; et après nous implanterons plusieurs..., plusieurs usines. En France, on prévoit 21 usines comme cela, 21 concessionnaires.
Journaliste : Donc, à partir de 2009, on verra vos voitures sur les routes.
Guy Nègre :Ah, oui, oui, bien sûr, oui. On verra des prototypes dans le courant de l’année 2008, et à la fin..., au début 2009, on pourra commencer à commercialiser.